Il y a une année déjà qu’a été fondée la Conférence des Conseillers communaux de la Riviera (CCR) avec pour but de combler un vide en créant une plateforme de réflexion et d’action à l’intention des Conseillers communaux du district. Durant cette année, les événements à caractère régional n’ont pas manqué démontrant, s’il le fallait encore, que la collaboration entre les dix communes de la Riviera est une tendance irréversible qui continuera sans doute de se renforcer ces prochaines années.
Sécurité Riviera
La CCR, à peine sortie des fonts baptismaux, avait mis sur pied un grand débat sur l’avenir de la police dans la région avec les différentes parties intéressées. C’est sans a priori, comme le veulent les statuts de notre association, que la CCR s’est penchée au début de l’année sur le projet préparé par les autorités et les états-majors en vue de créer une Police Riviera avec l’ensemble des communes du district. Après étude et confrontation des idées, notre comité a estimé que ce projet offrait des avantages pour notre région, notamment dans le contexte actuel où un des acteurs du dossier, en l’occurrence le canton, restait passif, voire inopérant. La mise en place d’une police régionale marque sans aucun doute un élément important de la régionalisation sur la Riviera bien que la commune institutionnellement excentrée de Villeneuve ait décidé finalement de ne pas en faire partie.
Relevons toutefois que la CCR n’est pas pour autant jusqu’au-boutiste dans la régionalisation. Si elle admet que la Police Riviera offre actuellement une plus-value pour le district, elle se repositionnera quand le canton se déterminera enfin sur ce dossier. Car la sécurité n’est pas seulement une affaire régionale et de proximité, la criminalité ignorant les frontières territoriales. C’est pourquoi la CCR par le truchement de plusieurs de ses membres a veillé à ce que le projet de Sécurité Riviera ne soit pas figé et laisse ouverte la porte à des modifications, notamment en cas de changement de politique au niveau cantonal.
La Conférence des Conseillers communaux de la Riviera veut aussi souligner, plutôt deux fois qu’une, que ce projet de sécurité révèle qu’il existe un véritable esprit régional sur la Riviera. Les communes ont accepté souvent à la quasi unanimité ce projet alors qu’il comportait une répartition des frais jusqu’alors essentiellement assumés par les communes-villes du bas. Cela a eu pour conséquence d’alourdir la facture des communes périphériques qui ont fait preuve en l’occurrence d’une solidarité régionale tout à fait remarquable. Cela mérite d’être souligné. Car on a réussi dans ce dossier à dépasser les égoïsmes financiers locaux qui sont souvent la cause d’échec et qui torpillent les collaborations régionales dans d’autres régions du canton et ailleurs. La CCR s’en félicite et elle est persuadée que c’est une preuve tangible que le climat pour le développement des liens entre les communes devient et est de plus en plus favorable sur la Riviera.
Information de la Conférence des syndics
La CCR à travers plusieurs de ses membres s’est battue tout au long de l’année pour que la Conférence des syndics de la Riviera devienne plus transparente et informent plus complètement et plus régulièrement de ses travaux les conseillers communaux. Car ce n’est un secret pour personne que c’est dans le cadre de cette Conférence des syndics que sont discutés et élaborés les idées, les propositions et les projets à caractère régional. Cette instance informelle qui réunit les exécutifs n’a pas de valeur institutionnelle et met jusqu’à maintenant hors jeu les conseillers communaux du district.
Sans critiquer les travaux de la Conférence des syndics qui sont souvent excellents comme on a pu le voir avec Sécurité Riviera, la CCR est toujours d’avis que le manque de transparence et d’information de cette instance reste malsaine et antidémocratique et peut nuire à un développement harmonieux de la régionalisation. C’est pourquoi durant l’exercice écoulé un travail de fond a été entrepris par des membres de notre comité. Ainsi, à Vevey, Pascal Nicollier a-t-il obtenu par le biais d’une motion acceptée par une majorité du Conseil que la municipalité informe mieux et régulièrement les conseillers des travaux de la Conférence des syndics. C’est devenu une réalité depuis la nouvelle législature avec le nouveau syndic de Vevey. Même démarche de Jacques Vallotton à la Tour-de-Peilz par le biais d’une intervention signée par des conseillers de tous bords. Promesse a été faite par l’ancien syndic relayée par la nouvelle municipale et candidate au Conseil d’Etat Jacqueline De Quattro. Cette lutte pour une meilleure information a été circonscrite pour l’instant dans ces deux grandes communes pour des raisons tactiques. Car nos représentants dans les petites communes souhaitaient profiter de l’exemplarité de plus grandes communes pour aller de l’avant chez eux avec une meilleure chance de succès.
n se doit aussi de relever que le SAI, le Service des affaires intercommunales, le bras administratif de la Conférence des syndics de la Riviera, a aussi, de son côté, fait des efforts. Pour la première fois, une brochure sur papier glacé a été distribuée aux conseillers. Son contenu n’est pas encore très riche. Mais c’est sans aucun doute un premier pas prometteur. Le SAI a aussi lancé un site internet toujours dans le même but de rompre avec l’opacité qui avait cours jusqu’à maintenant. Nous avons constaté que le logo de ce site avec les armoiries des communes du district avait d’évidentes ressemblances avec le site de la CCR. Nous ne sommes ni fâchés, ni jaloux. Mais heureux de cette presque concordance. Ne tirons-nous pas finalement tous à la même corde? Nous croyons que la CCR a joué durant l’exercice écoulé un rôle certain pour une meilleure transparence des études et projets régionaux… un rôle non négligeable. pour que les choses bougent enfin. Ce n’est peut-être pas grand-chose, diront certains. Mais, pour la CCR, cette amélioration de l’information est un début qui mérite d’être relevé et salué. Car une information ouverte et transparente est non seulement utile mais indispensable pour éviter la politique du fait accompli très mal perçue par la base, par les conseillers, avec le grand risque de faire capoter des projets régionaux de valeur et d’exacerber durablement les frustrations locales.
Société protectrice des animaux (SPA)
La Conférence des Conseillers communaux de la Riviera s’est penchée aussi en 2006 sur d’autre dossiers régionaux comme celui du refuge de la Société protectrice des animaux (SPA) à Saint-Légier. Nous avons relayé les problèmes rencontrés par les responsables de ce refuge à vocation régionale. La CCR a été remerciée dans ce dossier pour son aide. Le cas est actuellement dans les mains des autorités.
Service des affaires intercommunales (SAI)
Des membres de la CCR ont été plusieurs fois sollicités de donner leur avis sur le projet d’agglomération Vevey-Riviera subventionné par la Confédération et qui est en main du Service des affaires intercommunales depuis 2002. Le CCR ne peut au stade actuel que regretter que ce projet ne soit pas encore sorti des limbes. Car il espère qu’il offrira des pistes, voire des solutions, au développement régional.
Site internet CCR
Durant son premier exercice, la CCR a mis au point son site internet. On y trouve notamment les renseignements essentiels quant à notre action. Notre site, lors des élections communales, a accueilli et servi de tremplin aux candidats à la municipalité qui ont voulu se déclarer ouvertement régionalistes. C’est ainsi que les actuels syndics des deux grandes villes de la Riviera et une municipale qui fait parler d’elle aujourd’hui en visant l’échelon supérieur se sont positionnés sur notre site en faveur du développement de la régionalisation sur la Riviera. L’engagement de ces candidats sur notre site est un signal fort encourageant.
Fonctionnement de la CCR
2006 a été aussi la première année où l’on a pu expérimenter le fonctionnement interne de la Conférence des Conseillers de la Riviera. Elle a été riche en enseignements. Le comité s’est réuni régulièrement une fois par mois pendant la première partie de l’année, ensuite de manière plus aléatoire à cause de l’absence de certains pour des raisons impératives d’ordre personnel. En cette fin d’année, nous arrivons à la conclusion que notre comité de 5 membres était trop restreint pour mener à bien avec efficacité sa mission.
La conséquence de ce trop petit comité explique en grande partie le retard pris par la mise en place de commissions d’étude comme nous l’avions souhaité au départ. Il faut également tenir compte que, dans un premier temps, nous avions délibérément reporté à la fin de l’été leur constitution en ne souhaitant pas mettre hors course les nouvelles élues et élus issus des élections.
Mais ceci précisé, le problème demeure. Nous sommes d’avis qu’il s’agira l’an prochain de chercher à étoffer notre comité. Cela apparaît d’autant plus nécessaire que nous sommes, il faut le souligner, de simples miliciens qui avons d’autres tâches à remplir au sein de nos conseils respectifs et que la CCR ne bénéficie pas de moyens professionnels comme le Service des affaires intercommunales.
Fusions
Nous ne pouvions conclure ce rapport d’activité sans aborder le problème des fusions, des rapprochements entre communes. La CCR, rappelons-le, n’a pas seulement vocation de traiter les problèmes les plus immédiats et concrets de la régionalisation. Elle a aussi vocation de faire de la prospective. Durant cette année écoulée, qui est une année d’apprentissage et de transition, soulignons-le, cette problématique n’a pas été développée de manière approfondie. Ce sera un de nos futurs chantiers et il s’annonce sous d’excellents auspices. N’a-t-on pas entendu des syndics parler de la fusion des communes du cercle de Corsier, du cercle de La Tour-de-Peilz et même des dix communes du district? Il y a quelques années, de tels propos prononcés par des responsables locaux auraient été impensables, iconoclastes. Aujourd’hui, de telles idées deviennent presque ordinaires. C’est un fait: l’esprit régional souffle de plus en plus fort sur la Riviera. La CCR ne peut que s’en réjouir et continuera à contribuer à cet élan.